Aventures Sibériennes - Episode 4 – Saumons kisutchs, gros kétas et... ombres peu communs
dav | 26 novembre, 2006 00:45
A l’orée du sixième jour, il fait beau temps, et
mes 2 compagnons et moi-même formons le groupe de tête aujourd’hui espérant
trouver un pool productif. Installation sur un beau coup, nous prenons
plusieurs ombles et ombres de très beau calibre, les touches se succèdent, je cède alors
ma place à Pascal qui est moins bien placé. Soudain une touche très puissante,
ca saute au loin, backing…et retour lent du poisson, je le vois c’est un
saumon ! Le premier silver du séjour, une belle femelle fraîchement montée
pour l’ami Pascal, heureux.

Film, photos… appel des autres au talkie, ils
viennent aussi d’en prendre un. Il sont enfin là, tous les espoirs renaissent.
Je devrai pourtant attendre un jour encore avant
de prendre « mon » premier silver. C’est le matin au réveil au bord
d’un grand pool à l’arrivée d’un affluent que je toucherai mon premier poisson,
il réussira a ce décrocher grâce à mon inexpérience de ces damnés poissons.
La chance me sourira un peu plus tard sous la forme d’un gros mâle vu
dans un grand pool d’eau claire. Le streamer strippé dans la baignoire d’eau
turquoise fut alors happé goulûment par ce gros fuseau argenté jaillissant
comme une fusée sur le leurre…

Plaisir intense du premier poisson, d’autant
qu’il fut suivi de plusieurs autres puis d’ombres monstrueux pêchés également à
vue.

Les débuts prometteurs se confirment assez vite
par d’autres poissons magnifiques. Les kétas aussi sont très présent et de fort
belle taille et de nombreuses prises se succèdent dans les jours suivants,
souvent au streamer à vue :
Femelle kéta

Très gros mâle kéta :

J’aurai des difficultés avec les silvers. Leur
défense vigoureuse associée à une pêche sans ardillon occasionne beaucoup de
décrochés et il me faudra encore trois jours avant de bien apprendre à les
ferrer à la touche pour parvenir à les prendre, presque, à chaque touche.

Au soir du dixième jour nous arrivons à un petit
camp en bois, pompeusement dénommé le « Lodge ».

Il y a la un petit groupe de pêcheurs Français
qui pêchaient ce secteur en sédentaires et qui attendent un hélico qui
n’arrivera que le lendemain. Pour eux aussi la pêche est très bonne et les
silvers sont très présents dans l’excellent pool du lodge.

Pour notre part nous savourons le repas du soir agrémenté de
victuailles fraîches et bolets cueillis dans les bois voisins par nos amis
russes. Le sommet est atteint par la douche chaude et le « bania », sauna local, disponible
au camp.
Il nous tarde néanmoins de repartir pour l’aval au plus tôt pour
vérifier sa réputation de meilleur secteur à Saumon de la rivière…
Aventures Sibériennes - Episode 3 – Premiers saumons d’Okhotsk
dav | 03 novembre, 2006 15:46
Aucun Saumon ne recroisera notre chemin durant
les 4 jours suivants, hormis pour Jacques, grand saumonier devant l’éternel,
qui prendra quelques Ketas le quatrième jour. L’eau haute à balayé la vague des
saumons gorbuschas ou « bossus », qui sont normalement morts en
grandes quantité dans les zones de frayères a cette saison.

Parallèlement les Ketas
et les Kisutchs ne sont pas encore là et ont un peu de retard. En conséquence,
les ours sont nombreux et souvent présents au bord de l’eau, ils ont faim et
comme nous cherchent d’éventuels saumons dans les pools et les calmes...

Progressivement la rivière s’élargit, il faut
être prudent pour ne pas rater le campement remonté chaque soir à une dizaine de
km à l’aval par nos guides. Le quatrième soir nous ratons le bon bras. Une
fusée d’alarme tirée dans le lointain nous indique la bonne direction, mais
nous sommes trop bas, heureusement les russes nous retrouvent et nous aident à
remonter les bateaux à la main jusqu’au camp…
Globalement très bonne pêche jusqu’ici, les plus
belles journées procurent plusieurs dizaines de poissons.

Le temps est correct,
avec néanmoins un jour de pluie légère mais continue qui s’avérera très bon
pour la pêche bien qu’inquiétant pour la suite car tendant à faire remonter le
niveau de l’eau.

Les moustiques quant à eux s’accommodent bien de tous les
climats et seront bien plus présent que les saumons Kisutchs ou
« Silvers » objets principaux de notre voyage et toujours invisibles...
Heurseusement les Dollies sont abondants et de
fort belle taille, procurant des sensations extraordinaires dans les eaux
fortes de la rivière.

Le cinquième jour est très agréable, le temps est clair
et nous nous posons dans un joli pool, les premières touches ne se font pas
attendre et plusieurs ombles sont pris sur du matériel léger (soie de 6). Soudain une touche violente, avec un
départ puissant, toute la soie sort, je bride mon poisson qui me semble bien
plus lourd et plus puissant qu’à l’habitude…

C’est mon premier Keta, c’est un beau mâle au début de sa transformation, mais encore grise, signe d’une
relative fraîcheur dans sa remontée. Elle repartira facilement après une pose
photo et une légère réanimation.

Le soir au Bivouac ensoleillé plusieurs collègues
raconteront la même histoire, les premiers saumons sont là et tous les espoirs
sont permis pour la suite de la descente, même si les premiers
« Silvers » n’ont toujours pas fait honneur à nos mouches.
Aventures Sibériennes - Episode 2 - Rafting au pays des volcans
dav | 07 octobre, 2006 23:53

Premier réveil matinal au bivouac, les deux mêmes
acharnés sortent les premiers…
- Tu vas pêcher André ?
- Oui
- Tu m’emmènes ?
- Dépêche on y va…
Et nous voilà parti à l’aval de l’île du campement,
à la confluence des courants, je comprendrai plus tard pourquoi André avait
couru sur ce coin. C’est toujours sur ces postes très marqués que les poissons
se postent.

Il fait frais à 6h30 du matin dans les montagnes
Sibériennes, mais le temps est superbe et nous sommes surtout très motivés pour
gagner le challenge du premier poisson du voyage.
Quelques coups de ligne infructueux et on arrive
à la confluence, le coin qui était pressenti comme étant le meilleur…et Bingo,
c’est André qui commence avec une belle Dollie femelle.
A mon tour
j’enchaînerai ensuite avec ma première Dollie et mon premier
« petit » ombre Arctique.


Nous prendrons une dizaine de poissons dans
ce courant en quelques minutes de pêche ! André en grand connaisseur du
secteur prendra également le premier Saumon Keta du voyage, poisson assez
inattendu aussi haut sur la rivière…
Retour au camp, tout le monde est éveillé :
- Alors ?
- on en a pris et pas mal

Certains sont sceptiques, d’autres envieux, mais
tous ont envie d’en découdre rapidement. Le petit déjeuner est vite englouti et
tout le monde commence à préparer son bateau en vue des 14 jours de descente de
rivière qui nous attendent. Soudain, Alec, un grand russe costaud en tenue
militaire, s’écrie « Mutzie » et montre l’autre rive de la rivière,
nous voyons tous alors une femelle Ours s’éloigner avec ses deux oursons, ouf
elle a eu plus peur que nous et puis elle est aussi bien sur l’autre rive :).
Nous nous séparons en trois groupes de 3
raftings, nous partageant entre novices et « anciens » et commence
ainsi une descente confortable et peu fatigante de la rivière.

Certains de mes
compagnons ont un peu de difficultés avec les rafts et quelques bains ponctuent
la première journée, mais heureusement sans conséquences fâcheuses.
Les paysages sont grandioses et le beau temps
rend la descente très agréable, confortable même. Les rafts nous évitent ainsi
des déplacements à pieds qui seraient épuisants voire impossibles dans cette
jungle qui occupe le fond de la Vallée. Ici seuls les bords de rivière
entretiennent des forêts denses car l’eau tempère le climat et empêche le sol
de rester gelé en permanence, la vallée est ainsi très riche en faune et en
flore. Ceci explique également la présence des ours bruns souvent plus proche
qu’on ne le pense...http://video.google.fr/videoplay?docid=-5407038997680850442&hl=fr
Les poissons sont au rendez-vous, nous prenons
rapidement d’autres Ombres et Dollies très jolis et assez, voire très abondants
pour peu qu’on arrive à les localiser car la rivière est tendue et il y a plus
d’eau que prévue. Toutes les pêches s’effectuent en soie flottante, les ombres
sont pris soit en sèche lors de belles éclosions ponctuelles d’éphémères, soit
sous l’eau sur les mêmes tenues que les Ombles.

Ces derniers prennent plus volontiers
de petits streamer strippés ou non, évoluant non loin de la surface ou des
nymphes colorées et flashy.
Un couple de Dollie, ici la femelle grise tachée
de blanc :

Le mâle, plus gros, plus combatif et très coloré
en parure de noce :

Au soir du premier jour, les novices sont
heureux, mais les habitués attendent avec impatience les premiers saumons…
Aventures Sibériennes - Episode 1 - Le grand voyage
dav | 01 octobre, 2006 09:39
Le voyage était préparé de longue date. Les
boites à mouches bien garnies avaient rejoint le reste du matériel dans les
sacs maintes fois pesés en vue d’optimiser la quantité de matériel transporté
pour ce voyage au bout du monde.
Et puis c’était là, la voiture, les retrouvailles
à l’aéroport, l’avion et les discussions interminables avec les amis dont
certains sont de véritables spécialistes des Saumons et des Ombles du pacifique
que nous allions bientôt rencontrer... petits doutes ais-je bien pris le
matériel requis ? aurais-je suffisamment de fil, de backing de soies de
rechange ? bon on verra…
Arrêt touristique à Moscou, avec l’incontournable
place Rouge et la visite de la célèbre galerie Tétriakov.

Enfin nuit à l’hôtel
« Ukraine », voulu par Staline en personne.

Le lendemain re-décollage
et départ pour le grand est. Un Illiouchyne 62 issu du démantèlement de
l’ancienne compagnie nationale Aéroflot nous attend, c’est confortable, plus
qu’un charter européen. Ils n’ont pas le droit de survoler l’Europe, pas pour
des raisons de sécurité, mais à cause du bruit de leurs quadriréacteurs
arrières…
Et voilà la Sibérie orientale, il pleut, le
plafond est bas mais il fait relativement doux en cette fin août, environ 15°C
au meilleur de la journée.

Accueil à l’aéroport par nos contacts russes, hélas
le plafond est trop bas l’hélico ne partira pas tout de suite comme nous
l’espérions. Bon on va passer le temps toute la journée visite de magasins
locaux, artisanat sur os de phoques, dents de morse et magasin de pêche, après
tout on est la pour cela. Visite du marché local, c'est confirmé il ya bien des saumons dans ce coin, même si les premiers que l'on voit ne sont pas ceux auxquels on s'attendait :

Mais le cœur n’y est pas, pas envie d’acheter on veut
y aller au bord de l’eau, même si on est tous épuisés avec le décalage horaire
(+10h). Nous avons juste le temps de d'entrevoir l'océan Pacifique :

Arrive 18h00, coup de téléphone, branle bas de
combat tous le monde dans le minibus et direction l’héliport, c’est finalement
pour ce soir, il y un créneau météo.
Arrivée à l’héliport c’est un chargement ultra
rapide dans le MI-8, transport de troupe le plus construit et le plus utilisé
au monde, et le grand départ pour 1h30 de survol de toundra sauvage et magnifique.

Le vol en hélico est bien « trippant », donnant un prélude très
agréable à l’aventure qui nous attend. Survol de la seule route du secteur,
passage d’une chaîne montagneuse, puis d’une autre et nous voilà enfin en vue
de la rivière. Les russes consultent les cartes, on monte encore, soudain
l’hélico plonge sur une île, ce sera là.

Après un atterrissage bien négocié on descend en
catastrophe de l’hélico, pressé de repartir avant la nuit.

La plage est pleine
de traces d’Ours et la rivière est un peu tendue, ca va être dur...

Les deux plus acharnés du
groupe, dont moi-même tentent néanmoins un ou deux coups de cannes devant le
camp sans succès pendant que les Russes montent le camp et que Tatiana, la
cuisinière, s’essaye au premier dîner, avant le premier bivouac dans une nature très préservée et loin de toute civilisation.

La première nuit est difficile au
bivouac, mais mes pensées vont tout droit aux pêches miraculeuses qui à n’en
pas douter nous attendent pour les jours qui viennent…
Sortie entre amis à Cademène
dav | 16 juillet, 2006 22:45
Juillet.
La Loue est magnifique, il y a encore suffisamment d’eau et les
poissons sont présents en grande quantité, ombres et truites sont dehors mais
difficiles à leurrer de grand matin.

Durant la journée, les ombres seront néanmoins nombreux à succomber à de
petites nymphes montées sur des bas de lignes en 8 centièmes !

Ouff,
difficile de pêcher ainsi pour moi qui ne suis pas habitué, heureusement que je
suis bien entouré par des spécialistes du secteur qui m’apportent l’aide
nécessaire.
Arrive le soir, les gobages s’alignent vers 21h15, pour atteindre le
paroxysme vers 22h30. Le temps de s’emmeler une ou deux fois, de ramener une
chauve-souris ( la troisième cette année :) ) et il est déjà temps
d’arrêter juste au moment où les truites commencaient à peine à se mettre au
poste…
Au final une merveilleuse journée, des histoires de poissons allant de
l’ombre au saumon, dans un cadre enchanteur et avec des gens d’exception qu’il
faut savourer…
Merçi à Guy, Roland, Greg, René, Henri et les autres pour ces bons moments
au bord de la Loue en leur compagnie…